Un dirigeant d’entreprise du BTP (CA 2,4 M€, 18 salariés, Marseille) nous consulte un mardi matin : il vient de recevoir une mise en demeure URSSAF pour 180 000 € de cotisations, avec menace de saisie sous 30 jours, et son comptable lui annonce que la trésorerie ne couvrira plus la paie dans 6 semaines. La banque a refusé une rallonge la semaine précédente. Aucune procédure n’est ouverte, l’entreprise n’est pas (encore) en cessation des paiements caractérisée, mais s’en approche dangereusement.
Notre intervention type, sur les 4 premiers mois :
- Audit financier d’urgence (semaine 1) : analyse de la liasse fiscale du dernier exercice, le bilan à jour, cartographie complète des créanciers (URSSAF, fisc, banque, fournisseurs stratégiques, salariés), datage objectif de la situation par rapport à la cessation des paiements
- Choix du dispositif (semaine 2) : la situation justifie l’ouverture d’un mandat ad hoc (l’entreprise n’est pas en cessation des paiements caractérisée, le dispositif reste confidentiel, les créanciers stratégiques sont identifiés). Saisine du président du Tribunal des activités économiques de Marseille avec dossier motivé.
- Négociation amiable (mois 2 à 4) : sous l’égide du mandataire ad hoc désigné, négociation d’un étalement de la dette URSSAF sur 24 mois, d’une renégociation des concours bancaires (rééchelonnement, maintien des autorisations de découvert), et d’un accord avec deux fournisseurs critiques sur le paiement comptant des nouvelles commandes contre étalement de l’arriéré.
- Sortie du dispositif (mois 4) : si l’accord est obtenu, l’entreprise sort du mandat ad hoc avec un plan d’apurement maîtrisé. Si l’un des créanciers refuse, bascule possible en conciliation (avec homologation pour donner force exécutoire à l’accord obtenu auprès des autres) ou en sauvegarde si la pression devient insoutenable.
Cette approche permet de rester dans la sphère amiable et de préserver la confidentialité, tant que le diagnostic est posé suffisamment tôt. Le résultat dépend des circonstances de chaque dossier — il ne peut être garanti à l’avance, mais une intervention précoce maximise structurellement les marges de manœuvre.
Mauvais scénario contrasté :
Si le même dirigeant attendait deux mois de plus, en espérant que la situation se débloquerait seule, l’entreprise serait probablement en cessation des paiements caractérisée. Le mandat ad hoc ne serait plus disponible. Le dépôt en redressement judiciaire deviendrait obligatoire dans les 45 jours, avec publicité, perte potentielle de marchés et exposition de la responsabilité personnelle du dirigeant en cas de déclaration tardive.