Phocéenne Avocats
Cabinet Marseille :
8 rue Fort Notre Dame
13007 Marseille
Réorganisation sociétés
La création d’une holding est l’un des leviers les plus puissants de réorganisation patrimoniale pour un dirigeant d’entreprise. Elle répond à plusieurs objectifs simultanés.
L’apport de titres est l’opération par laquelle un associé apporte les titres qu’il détient dans une société à une autre société (souvent une holding nouvellement créée) en échange de titres de cette dernière. C’est un mécanisme central des réorganisations capitalistiques.
Mécanisme :
L’associé A détient 100 % d’une société d’exploitation B. Il crée une holding H, et apporte les titres de B au capital de H. En contrepartie, H lui remet ses propres titres. Résultat : A détient désormais H, qui détient B. L’opération est neutre économiquement (A reste maître final), mais structurellement transformatrice (interposition de H).
Fiscalité :
L’apport de titres est, en principe, un fait générateur d’imposition de la plus-value (la valeur d’apport étant supérieure à la valeur d’acquisition initiale). Mais l’article 150-0 B ter du Code général des impôts prévoit un régime de report d’imposition : si l’apport est fait au profit d’une société soumise à l’IS contrôlée par l’apporteur, et si certaines conditions sont respectées (engagement de conservation de la holding, réinvestissement en cas de cession ultérieure dans les trois ans pour 60 % du produit), la plus-value est mise en report — son imposition est différée jusqu’à la cession ultérieure des titres de la holding ou à la rupture de l’engagement.
Vigilance fiscale :
Le report d’imposition tombe en cas de :
Le suivi post-apport est donc strict — c’est l’une des raisons pour lesquelles nous formalisons systématiquement, en lettre de mission, le suivi et l’alerte des échéances (déclarations fiscales, ruptures d’engagement, cessions ultérieures).
Cas d’usage typiques :
Chaque cas appelle une structuration fiscale précise — le choix entre 150-0 B ter, régime mère-fille, intégration fiscale, ou montage hybride dépend de l’objectif final. Cette structuration mobilise le partenariat fiscaliste systématiquement.
L’optimisation de la gouvernance est le volet souvent négligé d’une réorganisation. Pourtant, c’est elle qui fait la différence entre un dispositif juridique formellement correct et une organisation opérationnellement fluide.
Voici quatre axes d’optimisation :
La transformation de SARL en SAS est l’une des opérations de réorganisation les plus fréquentes. Elle répond à plusieurs motifs.
Vigilance fiscale : La transformation SARL en SAS est, en principe, neutre fiscalement (pas de plus-value de transformation, continuité du régime IS). Mais certains régimes attachés à la forme SARL (option pour l’IR, statut TNS du gérant majoritaire) tombent automatiquement — l’arbitrage doit être fait en amont avec le fiscaliste.
Délai indicatif : 8 à 12 semaines entre la décision et l’effectivité, selon la complexité statutaire.
Cette page traite de la réorganisation proactive — sans crise, sans urgence. Pour la restructuration en contexte de difficulté financière (impayés majeurs, dette URSSAF lourde, audience devant le tribunal de commerce qui approche), les dispositifs sont d’une autre nature : mandat ad hoc, conciliation, sauvegarde, redressement judiciaire, liquidation judiciaire.
Le choix d’un avocat pour une réorganisation de société repose sur quatre critères pratiques.
Combien coûte la création d’une holding ?
Le coût de création d’une holding varie selon la complexité du schéma. Les honoraires sont déterminés sur devis — à titre d’ordre de grandeur, de 2 500 à 4 000 € HT pour une holding patrimoniale simple sur capital social symbolique, avec des statuts standardisés et sans apport, hors frais de greffe (environ 250 €) et hors annonce légale. Pour une holding avec apport de titres d’une société existante, statuts sur mesure et coordination fiscaliste, le forfait est plus important, sur devis. Notre cabinet précise systématiquement les honoraires dans une lettre de mission préalable — aucune intervention sans cadrage écrit.
Faut-il une holding même pour une petite entreprise ?
Pas systématiquement. Le seuil d’utilité d’une holding se situe usuellement à partir d’un chiffre d’affaires d’1 à 2 millions d’euros, ou en présence d’un patrimoine professionnel à protéger (immobilier d’exploitation, plusieurs activités, marques valorisables). Pour une petite structure familiale à activité unique et patrimoine modeste, le coût de gestion (comptabilité de la holding, formalités, secrétariat juridique) peut excéder les bénéfices. L’audit-bilan préalable est précisément l’étape qui permet de trancher cette question objectivement.
Peut-on transformer une SARL en SAS sans changer d’associés ?
Oui. La transformation est une opération structurelle qui modifie la forme juridique de la société, sans changer ses associés ni son capital. Les parts sociales SARL deviennent des actions SAS, la société conserve son numéro SIREN, son historique comptable, ses contrats. Il faut une décision en assemblée à la majorité requise (vérifiable dans les statuts), une rédaction de nouveaux statuts SAS, et le respect des formalités de greffe. Le délai usuel est de 8 à 12 semaines.
L’apport de titres entraîne-t-il toujours une imposition immédiate ?
Non. Si l’apport est fait au profit d’une société à l’IS contrôlée par l’apporteur, et si les conditions de l’article 150-0 B ter du Code général des impôts sont respectées (notamment l’engagement de conservation et, en cas de cession ultérieure dans les trois ans, le réinvestissement de 60 % du produit), la plus-value est mise en report d’imposition — elle n’est pas effacée, mais son imposition est différée jusqu’à la cession ultérieure des titres de la holding. C’est l’un des mécanismes-clés de la réorganisation patrimoniale.